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Bonjour voyageurs et compagnie,

 

Ce matin, un petit déjeuner/dîner et hop, on retombe les pieds sur la terre ferme du continent à la découverte de Cadix (ou Cadiz si vous préférez en espagnol), la ville andalouse des moins connue en Espagne, capitale de la province de Cadix.

 

Notre rencontre avec Ana, notre guide, est prévue pour 12h30. Nous sommes tous là, ‘’comme un seul homme’’. Après les présentations d’usage de notre homme de confiance, David le chauffeur, on se sent d’attaque pour un bref tour en autocar pour découvrir l’ampleur du territoire de la ville et surtout de l'intérêt de chacun de ses quartiers. On y reviendra en fin de journée pour une balade à pied. Pour bien situer Cadix, Ana mentionne que la ville a la forme d’une main pour la vieille ville et, d’un avant-bras pour la nouvelle ville. Située au sud-ouest extrême de l’Europe occidentale, elle fait 12 km carrés dont 6 km de long sur 2 km de large. Ville la plus ancienne d’Espagne (3000 ans d’histoire) grâce à sa situation sur le bord de la mer, tous ceux qui ont traversé Gibraltar n’ont pas réussi à la conquérir, même pas Napoléon. Fondée par les Phéniciens en 1104 av. J.-C., la ville a connu plusieurs épopées aussi fascinantes les unes que les autres. À l’époque des grands explorateurs espagnols au 15e siècle, ces derniers rapportaient de nombreux trésors des Amériques et ils élurent Cadix comme port d’attache, faisant ainsi de la ville l’une des plus florissantes d’Europe grâce à ses activités commerciales. C’est sûrement pour cette raison qu’elle fut la cible de nombreux groupes de pirates. De nos jours, Cadix est connue pour son passé opulent dont les empreintes sont encore présentes, mais aussi pour ses plages et ses festivals. 

 

La balade en autocar permet de circuler près des nombreux parcs, somptueux espaces verts et, d’entrevoir l’église et couvent de la Vierge du Rosaire du 18e siècle, patronne de la ville. Un magnifique bâtiment long, élégamment restauré, fait office de palais des congrès et, dire qu’il fut jadis utilisé comme manufacture de tabac. À quelques mètres de là, une ancienne gare du 19e siècle a maintenant été reconvertie en centre commercial. On ne pourra pas voir les bastions ni le pont Levi car ils ont été détruits mais sur les trois km de fortifications, deux km de remparts gardent toujours la ville et distinguent la vieille ville de la nouvelle. Approchant le quartier Santa Maria qui date du 16e siècle, on apprend qu’il doit ses lettres de noblesse grâce au flamenco. Ah, la chevelure noire de jais de ces danseuses, les froufrous noir et rouge, la fleur à l’oreille, cela nous fait rêver!

 

En se dirigeant vers Jerez (Xérès dont la prononciation n’a rien à voir avec son orthographe) on remarque la superbe plage Victoria près des fortifications. Depuis une vingtaine d’années , les surfeurs remplacent ….les pirates! Bon, on ne parcourra pas aujourd’hui les 260 km de côte sur l’Atlantique et les 60 km sur la Méditerranée mais avouez que ces plages ont de quoi faire fantasmer l Tout près de là, on aurait trouvé dans le cimetière, des traces et objets (bijoux) des fondateurs de la ville, les phéniciens, datant de 800 ans avant J-C. Vous imaginez? 1800 ans avant la découverte de l’Amérique. Quel jeunot on est nous! Dans une des baies, on repère une mine de sel, force économique de l’endroit. On comprend mieux maintenant pourquoi le mot salaire vient du mot sel. Si vous apercevez une montagne blanche, sachez que ce n’est pas de la neige mais bel et bien du sel. Rangez vos skis. Oups, tiens on aperçoit des flamants roses au loin dans un marais, différent de nos grands hérons bleus.

 

À Jerez, nous n’avons pas assez d' yeux lors de notre promenade à pied pour tout admirer. D’abord, l’alcazar, cet ensemble de bâtiments fortifiés défensifs d'origine almohade (3000 ans), auxquels ont ensuite été ajoutés des tours, des palais palatiaux baroques, et qui est l'un des principaux monuments de la ville ; dans le coin sud-ouest de la muraille qui entourait la ville.  Ana nous rappelle que la forteresse servait de palais-forteresse à Jerez musulman, siège du pouvoir qui gouvernait la ville. Il est actuellement utilisé pour célébrer des événements et est ouvert aux visites touristiques toute l'année.​Il demeure l’un des rares exemples d’architecture almohade existant dans la péninsule ibérique. 

 

Jerez (212 915 habitants), c’est aussi le flamenco, les matadors, les taureaux et  les splendides chevaux réputés pour leur élégance et pour leur race adaptée pour les vents. Les immenses sculptures de bronze disposées un peu partout dans la ville dépeignent l’honneur de ces nobles bêtes et font office d’œuvre d’art. Par tradition, des calèches guident les touristes dans la ville. Nous descendons une rue centrale de la ville, bordée de “Jacaranda”  nous rappelant la beauté de nos jadis allées d’ormes au Québec. Une impression de sécurité nous envahit. Imaginez l’euphorie si nous étions venus au printemps alors que ces magnifiques géants déversent leur parfum de leurs fleurs bleus et violets. On comprend alors les splendides représentations de fleurs et la Vierge sur les ravissants carreaux de faïence sur l’église de la Victoire.

 

Une crèche géante attire notre attention; toute la ville s’est parée de ses plus belles décorations pour la période des fêtes qui approche. Ses arrangements de pointsettias en forme conique nous éblouissent. Jerez fut d’abord une ville de paysans, ce qui en a fait une ville différente de Cadix aux niveaux des coutumes, des traditions et de la mentalité.

 

On a la chance d’effectuer notre visite le jour férié de la fête de la Constitution. Sur la Largua (rue longue), l'ambiance est à la fête. Bondée de citadins en congé, d’enfants qui courent ici et là, les dames toutes élégamment vêtues bavardent disons…avec entrain. On en devine la cause. Jerez possède un élément n’étant pas dépourvu d’intérêt…ses vins. Même Christophe Colomb apportait des vins de Jerez lors de ses explorations et, Magellan a maintenu cette tradition…et clairement les citoyens d’aujourd’hui aussi. Plusieurs “Bodegas”(cave à vins) produisent ce vin particulier de cette région. Fondator est l’une des plus célèbres. Comme ce furent les anglais qui ont fondé ce marché, il ne faut pas se surprendre que le mot de “sherry” pour parler de ce vin demeure dans l’appellation.

 

Si vous connaissiez madame Drouin, propriétaire de l’agence Voyage Louise Drouin, vous sauriez qu’elle n’aurait pas hésité à amener ses clients à une petite dégustation improvisée d’un petit vin de Jerez. Alors, sur une terrasse, parmi les joyeux lurons et luronnes occupant la place, nous portons nous aussi un verre à la santé de madame Louise qui nous permet de vivre de si beaux moments au cours de ce fabuleux voyage. Santé! On s’entend pour trouver des saveurs familières du vin de Jerez à celles du porto, au Portugal.

 

Les dames juste à côté de nous, semblent beaucoup apprécier le vin de Jerez. Elles chantent et certaines vont même s’improviser danseuses de flamenco en herbe, juste pour nous. Quel beau moment ce fut. Et ce n’était que la fête de la Constitution espagnole; imaginez l’envergure du Carnaval de Cadix! Par hasard, un peu plus loin, dans le quartier St-Michel, nous remarquons justement le monument d’une danseuse de flamenco, le quartier officiel de cette danse. Pas d’erreur possible, cette danse est dans leur ADN. Il y a aussi l’énorme sculpture de bronze du Minotaure, sans bras, avec un seul pied qui domine la place. Il fait quoi ce colosse installé sur son socle depuis des dizaines d’années?

 

Sur la route, de retour vers Cadix, on ne peut manquer le gigantesque taureau sur l’autoroute…en sculpture évidemment, fier représentant de cette région de l'Andalousie. Ana nous avoue que sa maman enseignait cette danse mystérieuse qu’est le flamenco. On a même eu droit à une petite leçon théorique de cette danse envoûtante. Vous êtes prêts vous aussi pour cette leçon? Il faut imaginer que la femme prend sa main et fait le geste de cueillir une pomme avec ses doigts, descend la main, puis agite ses doigts pour la manger, puis descend à nouveau sa main et  rejette la pomme…tout cela avec grâce et élégance. Olé!

 

Je parie que vous aussi depuis que je vous parle de Cadix, vous avez en tête la chanson que notre père nous chantait : ‘’La belle de Cadix a des yeux de velours, chic a chic a chic aie aie aie’’…de Luis Mariano. Et bien, on s’est fait plaisir et on l’a chanté ensemble sauf…nos plus jeunes, Marie Pier et Philippe, il faut bien le dire, n’étaient pas nés à l’époque de la création de cette chanson. Ne le dites pas trop fort mais au retour, j’en ai surpris à faire « la petite siesta espagnole » dans l’autocar. 

Le retour par une route différente permet de passer par le Pont de la Constitution, appelé aussi Pont Neuf. Il a été construit entre 2007 et terminé en 2015; pas celui de Paris, ne vous y trompez pas. D’ailleurs il ressemble beaucoup à notre “Pont Neuf” , le pont Champlain à Montréal.  La construction a été achevée en 2015 au coût de 470 millions d’euros. Il est à cette date le plus long et le plus haut des ponts espagnols, le troisième plus long pont à haubans d'Europe et le deuxième plus haut pont franchissant un bras de mer du monde. Un  superbe bâtiment du 18e siècle, avec des colonnes romaines, digne d’une mairie ou d’une cour, s’avère ou plutôt s'est avéré jadis être une prison. Mais il semble que les prisonniers eux, ne jouissaient pas du même luxe que l’extérieur représentait.

 

À Cadix, la promenade à pied complète la visite initialement amorcée ce matin en autocar. Avec ses 117,000 gaditans, c’est ainsi qu’on surnomme les habitants de cette ville, a beaucoup à offrir : la muraille, la cathédrale de 1260, la porte de Tierra, la prison royale, le théâtre romain, la plage de Caleta, le château, la place Alameda Apodaca et ses immenses arbres; l’un de ces derniers était tellement énorme que les voyageurs jouaient de leur caméra, ne sachant par où et comment le prendre en photo au complet, mission impossible, un heureux problème. Un théâtre romain datant de 45 avant JC a même été élu le plus ancien d’Espagne. En face, un évêque a fondé une maison pour venir en aide à  47 veuves.  De nombreuses maisons sont façonnées avec de la terre  “coquillée”, une espèce de briques de terre contenant des résidus de coquillages de la mer.  Un peu plus loin, l’église Saint-Antoine, de style baroque, a une légende. On dit que les femmes  imploraient ce dernier pour se trouver un fiancé. On n’a cependant aucune  statistique sur les résultats obtenus.

 

L’ancienne cathédrale est en fait la…nouvelle et la nouvelle est en fait…l’ancienne. Vous me suivez? Si la nouvelle cathédrale a été construite en 1732-1838, ça vous donne une idée de ce qu’on appelle  “une nouvelle cathédrale”. Peu importe, ces deux colosses reflètent le raffinement. Cadix possède une université et des pavillons de cette dernière se retrouvent aussi à Jerez et Porto Real. Leurs spécialités? Les sciences de la mer, les sciences nautiques, l’ingénierie  navale, la médecine  et de nombreuses autres spécialités concernant les sciences en général pour un total de 35,000 étudiants.

 

Notre promenade  aurait pu se poursuivre au-delà de nos cinq heures. La marche à pied dans les ruelles piétonnes nous a permis de visiter des monuments emblématiques et de jolies façades. Cadix et sa baie, ont été pour nous tous, une belle découverte. Ses festivals locaux et son important patrimoine historique font d’elle une ville unique. Elle est bien discrète cette Cadix. Son style et sa localisation stratégique valent le détour. Avec 300 jours ensoleillés par année et une température oscillant entre 17 C et 32 C, oh peut-être un frisquet 8 C lors d’hiver très froid, on s’entend que cette ville fascine les touristes ! Chut, gardons la destination secrète afin qu’elle conserve tous ses charmes.

 

En salle à manger, l’heure du souper ne comporte qu’un seul sujet: les joies de la découverte de ces deux splendides petites villes aux gens si chaleureux et plein de joie de vivre.

 

Demain? Repos. Nous voguerons en direction de Valence ‘’Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été’’ (Vous vous souvenez de ce film italien de 1974?)

 

Olé!

 

Lucie

 

PS 1 Notre géant, l’arbre difficile à photographier était un figus de 120 ans

PS 2 Dans notre groupe de joyeux voyageurs, on a notre Dominique Michel à nous. Il paraît que notre aînée, madame Jocelyne 85 ans, disait toujours « c’est mon dernier voyage » mais avec l’aide de ses trois autres amies formant le quatuor des dames, je soupçonne qu’elle est en train de changer d’avis! Bienvenue sur notre prochain voyage madame Jocelyne.

 

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